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- Juillet 1944 -
Histoire de Robert Roche -
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grand père, Robert ROCHE, nous a souvent raconté ce
juillet 1944 ...
son récit a été repris dans le livre de
J. La Picirella - "Témoignages sur le vercors" |
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28
juillet 1944 - "ce soir là, une patrouille ennemie frappe
à la porte...que fallait il faire, je pouvais pas marcher.
Un allemant s'avança vers moi et me dit : - Maquis ? - je
lui répondis : non." -"Le soldat âgé
d'une quarantaine d'années et qui semblait être sous
officier n'insista pas. Le père Fermond soulagé, lui
offrit un verre de vin et l'Allemand qui parlait un peu le français
nous déclara que son unité était en occupation
à Grenoble. Puis il partit, sans nous demander aucun papier
d'identité. Il revint quelques instants plus tard nous apporter
du pain, jambon, ainsi qu'une chèvre pour le lait. Par la
suite cet Allemand vint nous rendre visite presque tous les jours
et j'en profitais pour lui demander de me faire évacuer sur
un hôpital, car mon pied enflé et plein de vers m'inquiétait.
Malheureusement il ne pouvait pas en informer ses supérieurs
car ceux ci m'auraient aussitôt fait abattre". |
| "Le
débarquement du 6 juin ayant interrompu tous les services
assurés par l'entreprise Glénat, de Pont en Royans
(38), chauffeur de car, je gagnais avec mon véhicule La chapelle
en Vercors. affecté aussitôt au service auto du capitaine
Geyer (Thivollet) je fus chargé avec René Collomb
qui avait également rejoint son véhicule, d'effectuer
divers transports. Au début je fis plusieurs voyages vers
Herbouilly afin d'assurer la relève des camarades en position
sur le Pas, puis avec Collomb, nous transportâmes en refort
dans le Diois des Tirailleurs sénégalais libérés
à Lyon. J'assurais également les navettes Vassieurs-Rencurel. |
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"Un
soir un médecin allemand, alerté par des civils fit
irruption dans notre masure : vous êtes de l'Armée
secrête ? me lança t'il dans un pur français
sans accent. Non, lui dis je. Vous mentez ! à son tour. Je
lui expliquais que j'étais un civil venu rendre visite à
des parents habitant Vassieux. L'officier me lança un dernier
regard, puis repartir sans me soigner. Le soir même, vers
23 h, le brave sous officier m'apporta un tube de pommade qu'il
avait réussi à se procurer et me recommanda de le
cacher et de n'en souffler mot à personne, car si ses supérieurs
venaient à l'apprendre, il serait aussitôt fusillé."
- "Bléssé le 21 juillet au matin, mon calvaire
dura 21 jours et la gangrène se serait sans doute déclarée,
si le brave allemant se repliant précipitamment avec son
unité, n'avait alerté au passage le boulanger de St
Martin en Vercors. |
| "Le
20 juillet au soir, j'eus pour mission de me rendre à Vassieux
avec un camion et de me mettre à la disposition du capitaine
Tournissa (Paquebot) et de M. Boiron, afin de participer à
l'aménagement du terrain d'aviation. C'est ainsi que le 21
au matin, jour de l'attaque, je me trouvais à Vassieux en
compagnie de Hermine Carniel et Charles Philibert, lorsque nous
fûmes attaqués vers 8 h par les troupes aéroportées
allemandes." |
"Ne
possédant aucune arme, nous tentâmes de quitter le
village mais mon camarade C. Philibert, 33 ans, parti le premier
fut tué aussitôt. A mon tour, je m'élançais
vers le Nord du village avec l'espoir d'atteindre par le Col de
Lachaux la forêt de Lente. Pris sous le feu des mitrailleuses
ennemies, j'avais réussi à traverser les champs séparant
le village des bois, lorsqu'à quelques mètres du premier
bosquet une balle me traversa la cheville droite. En rampant, je
m'y réfugiai et là devant moi, je vis brûler
et bombarder le petit hameau de Jossaud. Dès la nuis venue,
en me traînant, je pus atteindre une petite masure repérée
dans la journée et dans laquelle se trouvait déjà
un brave homme, le père Elie Fermond, 56 ans qui me céda
son matelas et me coucha dessus. |
En
effet, traversant le village, il se rendit chez m. Gilhard et lui
demanda d'aller recueillir de toute urgence un blessé grièvement
atteint. Afin de faciliter la recherche, l'Allemand fit au boulanger
un croquis des lieux et c'est ainsi que le lendemain, je vis arriver
une ambulance de la Croix Rouge de Valence, qui me transféra
sur l'hôpital de Romans où je fus aussitôt amputé. |
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Le
lendemain, MMe Garagnon dont le mari fut tué avec d'autres
hommes, à quelques pas de nous, sur la route (D76) menant
au col de Lachaux, MMe Guillet et d'autres personnes, dont je me
souviens plus des noms, vinrent se joindre à nous. Mais ces
4 personnes ne se sentant pas en sécurité dans cet
abri, nous quittèrent et finalement au troisième jour,
nous n'étions plus que trois. |
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